Planification

Quel taux d’inflation utiliser pour planifier sa retraite ?

May 29, 20264 min read

Quel taux d’inflation utiliser pour bien planifier sa retraite ?

Lorsqu’on planifie sa retraite, le taux d’inflation est l’une des hypothèses les plus déterminantes. Une différence de quelques dixièmes de pourcentage peut avoir un impact majeur sur le pouvoir d’achat à long terme.

Or, une question revient souvent, particulièrement chez les futurs retraités québécois :
le taux d’inflation recommandé est‑il encore réaliste, compte tenu de la hausse soutenue des prix des dernières années ?


Pourquoi le taux d’inflation est crucial en planification de retraite

L’inflation représente l’augmentation générale du coût de la vie au fil du temps. En planification financière, elle sert notamment à :

  • projeter l’évolution des dépenses à la retraite

  • estimer le revenu nécessaire pour maintenir son niveau de vie

  • évaluer le rendement réel des placements

  • mesurer l’érosion du pouvoir d’achat sur 20, 30 ou 40 ans

Sous‑estimer l’inflation peut donner une fausse impression de sécurité financière. La surestimer peut, à l’inverse, mener à des décisions trop prudentes ou à un retard inutile de la retraite.


Le taux recommandé par l’Institut de la planification financière

Au Canada, l’Institut de la planification financière (IPF) recommande d’utiliser un taux d’inflation de 2,1 % pour la planification de la retraite à long terme.

Cette recommandation soulève toutefois une interrogation légitime :
est‑ce approprié pour une personne qui demeure au Québec, surtout lorsque l’inflation y est parfois plus élevée que la moyenne canadienne ?


Comment arrive t‑on au taux de 2,1 % ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce taux n’est pas basé sur une seule opinion ni sur une moyenne simple des dernières années.

Le comité responsable des normes d’hypothèses de projection de l’IPF s’appuie sur plusieurs sources crédibles et complémentaires :

1. Les hypothèses du Régime de rentes du Québec (RRQ)

Le RRQ utilise ses propres projections d’inflation pour assurer le financement adéquat des rentes versées sur plusieurs décennies. Ces hypothèses sont basées sur des analyses actuarielles rigoureuses.

2. Les projections du Régime de pensions du Canada (RPC)

Le RPC, qui couvre l’ensemble des provinces hors Québec, utilise actuellement un taux d’inflation projeté autour de 2,0 % à moyen et long terme.

3. Les attentes des marchés financiers

Le comité consulte également des gestionnaires de placement afin d’obtenir leur vision de l’inflation future, tant à moyen qu’à long terme.

4. La cible de la Banque du Canada

La Banque du Canada vise une inflation annuelle située entre 1 % et 3 %, avec une cible centrale à 2 %. Le taux de 2,1 % s’inscrit directement dans cette logique.

En combinant ces différentes sources et en neutralisant leurs biais respectifs, le comité estime que 2,1 % représente actuellement le meilleur estimateur de l’inflation future à long terme.


Pourquoi le taux ne varie t‑il pas beaucoup d’année en année ?

Contrairement aux rendements des actions ou des marchés financiers, l’inflation est une variable qui tend à se stabiliser à long terme.

Même si certaines périodes connaissent des hausses marquées, comme celles observées récemment, les normes de projection ont précisément pour objectif :

  • d’atténuer les fluctuations temporaires

  • d’éviter les décisions basées sur des contextes exceptionnels

  • de se concentrer sur une vision de long terme

C’est pourquoi le taux d’inflation de référence évolue très peu dans le temps.


Inflation au Québec vs inflation au Canada : faut‑il ajuster ?

Il est vrai qu’au cours de certaines années récentes, l’inflation au Québec a été légèrement plus élevée que la moyenne canadienne. Toutefois, cette relation n’est pas constante.

Historiquement :

  • certaines années, le Québec dépasse la moyenne canadienne

  • d’autres années, il se situe en dessous

  • à long terme, les écarts ont tendance à s’équilibrer

Ainsi, baser une planification de retraite sur des écarts récents ou ponctuels peut introduire un biais inutile.


Faut‑il utiliser un autre taux dans certains cas ?

Dans certaines situations particulières, il peut être pertinent d’ajuster le taux d’inflation, par exemple :

  • dépenses fortement concentrées dans des secteurs plus inflationnistes (logement, soins, services)

  • horizon de retraite très court ou très long

  • profils de consommation atypiques

Cependant, pour une grande majorité des retraités québécois, le taux de 2,1 % demeure une hypothèse solide, réaliste et prudente lorsqu’il est intégré à une planification globale.


Conclusion : un taux imparfait, mais le meilleur outil disponible

Aucun taux d’inflation n’est parfait. L’objectif n’est pas de prédire exactement l’avenir, mais de prendre des décisions éclairées basées sur les meilleures données disponibles.

Le taux de 2,1 % :

  • repose sur plusieurs sources institutionnelles crédibles

  • reflète une vision à long terme

  • permet d’éviter les excès d’optimisme ou de pessimisme

En planification de retraite, ce n’est pas la précision absolue qui protège le retraité, mais la cohérence des hypothèses et la révision régulière du plan.

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